On parle souvent du développement comme s’il fallait nécessairement lancer de gigantesques chantiers pour changer la vie des gens. Pourtant, la réalité est parfois beaucoup plus simple.

Pour les habitants de Savane Carrée, de Terrier-Rouge ou de Paulette, une clôture, une toiture réparée ou une école mieux protégée peuvent avoir un impact bien plus concret qu’un grand discours prononcé à Port-au-Prince.

C’est dans cet esprit que le nouveau responsable du Bureau Régional Nord-Est du FAES, Jean Mackendy Dupin, s’est rendu sur plusieurs chantiers afin de constater l’avancement des travaux et d’échanger directement avec les équipes sur le terrain.

La clôture du cimetière de Savane Carrée, la sécurisation d’une partie de l’École Nationale de Terrier-Rouge et la réhabilitation de la toiture de l’École Nationale de Paulette ne feront peut-être pas les manchettes nationales. Pourtant, pour les familles concernées, ces réalisations répondent à des besoins bien réels. Elles améliorent la sécurité, protègent les infrastructures publiques et offrent de meilleures conditions aux élèves comme aux enseignants.

Mais visiter un chantier ne devrait jamais être une simple séance de photos. L’intérêt d’une telle démarche réside surtout dans l’écoute. Écouter les ouvriers qui construisent ces infrastructures. Écouter les responsables des comités locaux qui connaissent les besoins de leur communauté. Écouter les citoyens qui seront les premiers bénéficiaires de ces investissements.

C’est souvent dans ces échanges que l’on découvre les problèmes qu’aucun rapport administratif ne peut révéler.

Le véritable défi commence d’ailleurs une fois les travaux terminés. Construire est une étape. Entretenir, préserver et assurer la pérennité de ces infrastructures en est une autre. Trop de projets en Haïti ont perdu leur utilité faute de suivi, d’entretien ou d’appropriation par les communautés.

Le développement local ne se résume donc pas au béton, aux clôtures ou aux bâtiments rénovés. Il se construit aussi par la présence des institutions sur le terrain, leur capacité à écouter la population et leur volonté de respecter les engagements pris.

Les communautés du Nord-Est n’attendent pas des miracles. Elles attendent surtout des institutions qui tiennent parole. Et c’est peut-être là que commence le véritable développement.