
La tourmente politique actuelle en Haïti concernant les accusations de corruption au sein du Conseil Présidentiel Transitoire (CPT) exige une approche mesurée et réfléchie. Face aux appels à la démission immédiate de certains membres, un argument mérite d’être entendu : celui de la patience et du respect du processus judiciaire.
Smith Augustin, représentant désigné par Claude Joseph et membre du parti “Les Engagés pour le Développement” (EDE), se trouve sous le feu des critiques, avec des accusations le liant à un scandale au sein de la Banque Nationale de Crédit (BNC). En réponse, Joseph a demandé sa démission, un geste qui, bien que visant à préserver l’intégrité du CPT, semble précipité sans les conclusions formelles de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).
D’un autre côté, Moise Jean-Charles, figure opposée dans cette affaire, plaide pour une approche plus conservatrice. Refusant de retirer son soutien à son représentant Emmanuel Vertilaire, il incarne la voix de ceux qui demandent à ce que le processus judiciaire suive son cours sans interférence politique. Cette position, quoique controversée, souligne l’importance de ne pas agir sous le coup de l’émotion ou de la pression politique.
Mon opinion sur cette situation est claire : il est impératif de ne pas prendre de décisions définitives avant la conclusion des enquêtes de l’ULCC. Si nous aspirons réellement à un gouvernement et à des institutions dignes de confiance, toute action concernant les accusations de corruption doit être prise avec la plus grande prudence. Le CPT, en tant qu’entité censée incarner la transition et le renouveau, doit faire preuve de transparence et de responsabilité, sans pour autant succomber à la précipitation.
La demande de Claude Joseph pour une démission rapide et celle de Moise Jean-Charles pour une immunité conditionnelle peuvent sembler contradictoires, mais elles reflètent toutes deux un besoin plus profond de confiance et de stabilité dans la gestion du pouvoir. En fin de compte, c’est la justice et la vérité qui doivent guider nos actions, pas la politique.
Il est donc essentiel de prendre du recul, de permettre à l’ULCC de faire son travail sans entrave et de prendre des décisions éclairées basées sur des faits, non sur des conjectures. Cela ne témoigne pas seulement d’un respect pour les processus légaux mais aussi d’un engagement envers les principes démocratiques qui devraient régir toute société aspirant à la justice et à l’équité.
Cette situation nécessite une suspension temporaire des membres accusés, plutôt que des démissions définitives, jusqu’à ce que l’ULCC apporte des éclaircissements. Ce processus permettrait de préserver l’intégrité du CPT tout en respectant les droits des accusés à un traitement équitable et juste.
En fin de compte, si l’on aspire à une gouvernance et des institutions fiables, les actions prises en réponse aux allégations de corruption doivent être judicieuses et réfléchies. Les décisions hâtives pourraient non seulement saper la confiance dans les processus judiciaires mais aussi entraver la quête de vérité et de justice. La patience est donc cruciale, permettant à la justice de suivre son cours dans un climat de transparence et de responsabilité.

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