Quand 30% n’est pas seulement un chiffre : Une réflexion sur l’état de notre pays

Credit: Ayibopost

Le chiffre est frappant : 30 % du personnel de l’hôpital universitaire de La Paix ont quitté le pays. Ce pourcentage, apparemment simple, est en réalité le reflet d’une tragédie bien plus vaste et insidieuse. Nous devons nous poser la question : combien de 30 % ont déjà quitté Haïti, et dans combien de domaines essentiels ?

Il ne s’agit pas seulement de personnel médical. C’est 30 % de l’espoir de ce pays qui s’évanouit chaque jour. Un espoir qui faisait autrefois battre le cœur de la nation, mais qui aujourd’hui, semble se dissiper. C’est 30 % de nos meilleurs et de nos plus brillants qui cherchent une vie meilleure ailleurs, fuyant la violence, l’instabilité et l’incertitude.

Et que dire des pourcentages qui restent ? Combien de pourcentages de bonheur avons-nous perdus ? Les sourires sont-ils encore aussi fréquents dans les rues d’Haïti, ou sont-ils devenus des souvenirs lointains, réminiscences d’une époque plus stable ? Combien de pourcentages de courage restons-nous, lorsque chaque jour semble être un combat pour simplement survivre ? Combien de pourcentages de sécurité restent dans un pays où l’insécurité règne en maître, chassant les familles de leurs foyers, de leurs vies ?

Les familles elles-mêmes, combien de pourcentages de ces unités ont été déchirées, séparées par des océans, les membres se trouvant dispersés aux quatre coins du globe, en quête d’une vie plus sûre, plus stable ? Combien de pourcentages de résilience reste-t-il dans les cœurs de ceux qui ont décidé de rester, qui s’accrochent encore à cette terre malgré tout ?

Et enfin, combien de pourcentages d’« assez c’est assez » sont en train de monter dans les esprits de ceux qui voient leur pays s’effondrer autour d’eux, et qui, malgré la douleur, continuent à se battre, espérant qu’un jour, Haïti pourra se relever ?

Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre d’autres 30 %. Il est temps de réfléchir sérieusement à ce que nous avons encore et à ce que nous risquons de perdre. Car chaque pourcentage perdu est un pas de plus vers l’abîme, un peu plus d’Haïti qui disparaît. La question est : que faisons-nous pour empêcher cela ? Combien de pourcentages de volonté avons-nous encore pour changer cette situation ?

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