Ils doivent se mettre en retrait pour permettre à la justice de faire son travail.

Les membres du Conseil présidentiel de transition, dont certains sont accusés de corruption, au centre d’un scandale qui ébranle la confiance du public dans les institutions haïtiennes.

Le scandale qui éclabousse actuellement certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) constitue une nouvelle épreuve pour notre nation. Les noms de Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles sont désormais associés à des allégations graves de corruption, et la situation exige une réponse ferme et responsable. Face à ces révélations troublantes, la population se trouve plongée dans l’incertitude et la méfiance envers les institutions. Il est crucial que des mesures transparentes soient prises pour rétablir la confiance du peuple et garantir l’intégrité des processus gouvernementaux.

Il est impératif que ces hommes, dont la crédibilité est désormais sérieusement compromise, prennent la décision de se mettre en retrait. Je ne parle pas ici de démission ou de licenciement. Non, il s’agit simplement d’une mesure de bon sens : prendre un congé payé, se retirer temporairement de leurs fonctions, le temps que l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) mène à bien son enquête. Cette décision n’est pas seulement une question de principe, c’est une nécessité pour restaurer la confiance du public. En prenant volontairement du recul, ils enverraient un message fort, montrant qu’ils prennent les accusations au sérieux et qu’ils sont prêts à coopérer pleinement avec les autorités pour éclaircir la situation. En outre, cela permettrait de prévenir toute interférence potentielle avec le processus d’enquête en cours, démontrant ainsi leur engagement envers la transparence et l’intégrité. En agissant de la sorte, ils pourraient commencer à améliorer leur image publique et à démontrer qu’ils placent l’intérêt général avant leurs propres intérêts.

En continuant d’exercer leurs fonctions, ces membres du CPT envoient un message désastreux à la nation : celui que la suspicion de corruption est tolérable, que l’on peut continuer à gouverner même lorsque l’on est accusé des pires malversations. Leurs décisions, en cette période trouble, ne peuvent qu’être entachées par le doute, et c’est l’ensemble de la population qui en paie le prix.

La corruption en Haïti atteint des sommets inégalés. Nous sommes à un tournant historique, où chaque geste, chaque décision compte pour l’avenir de notre pays. Les membres du CPT doivent saisir cette occasion pour être les premiers à montrer l’exemple. Par leur retrait temporaire, ils enverraient un signal fort : celui de l’intégrité et de la responsabilité. Ce serait le premier pas vers le changement tant prôné, le début d’une nouvelle ère où la transparence et l’éthique ne sont pas de vains mots, mais des réalités ancrées dans la gouvernance.

Tous les acteurs de ce pays, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux, doivent se rallier à cette position. Si nous croyons encore en la loi, en la justice, en la rectitude morale, alors nous ne pouvons qu’appuyer cette démarche. Il est temps de prouver que l’Haïti que nous souhaitons est possible, mais cela passe d’abord par le respect des institutions et des principes qui les régissent. La crédibilité de nos dirigeants est en jeu, et par extension, celle de toute la nation. C’est pourquoi il est urgent que ceux qui sont aujourd’hui au cœur de cette tempête se mettent à l’écart, laissant l’ULCC faire son travail, et ainsi permettre à notre pays de commencer, enfin, à se relever.

Par Zantray

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